The Nature of Computational Things: Models and Simulations in Design and Architecture

Résumé : Les termes modèle, moule et module viennent tous trois du latin modus, mesure, plus spécifiquement de modulus, petite mesure. Tous trois renvoient à des pratiques de description simplifiée et, par contrecoup, de prescription de formes. Le module servait d'unité de mesure à l'architecte : on le reportait un certain nombre de fois sur chaque dimension pour obtenir l'édifice planifié. Dans de nombreux contextes techniques et artistiques, le moule sert également à fixer une forme. Il sert à la reproduire dans une uniformité globale. Le modèle mathématique est lui aussi à la fois simplifiant, simplifié, descriptif et prescriptif. Le plus souvent, on modélise tel ou tel phénomène physique par une équation mathématique. Cette équation, pour être réellement mathématique, doit être homogène dans son écriture, simple en ce sens. Sinon aucune procédure de calcul accélérée ne peut lui être valablement appliquée. D'où l'idée abusivement généralisée par la suite selon laquelle les modèles doivent toujours être simples, simples à concevoir et à manipuler, même si leur résolution peut parfois être laborieuse. L'architecture a souvent recours aux modèles mathématiques, ne serait-ce que pour anticiper le comportement physique des structures. À ce titre, la modélisation mathématique sert à trouver une forme optimale étant donné certaines contraintes, contraintes elles-mêmes traduites dans un langage qui doit être homogène à celui du modèle pour que la résolution en soit possible. La modélisation traditionnelle propre au design et à l'architecture apparaît ainsi liée à une vision top-down de la création, de type moderniste, volontariste, uniformément prescriptive car le plus souvent (mono)fonc-tionnaliste. L'instrument de calcul/représentation/ prescription alors seul disponible prescrit cette conception de l'architecture : car la recherche d'une solution optimale par le calcul mathématique d'un modèle lui-même mathématique, donc homogène et simple, n'est possible que si une ou deux fonctions ou contraintes fonctionnelles, seulement, sont formulées, pas plus, et cela, de surcroît, à une échelle globale et donc à partir d'un point de vue unique et homogénéisant. Il est essentiel de comprendre que, même tourné vers le matériau et ses propriétés ou vers une dimension esthétique ou fonctionnelle particulière, ce point de vue est donc abstractif et généralisant : il fait abstraction de la singularité du contexte, de l’insertion et du rapport à l’environnement ou au comportement social local. Il fait abstraction de la spécificité fonctionnelle et de l’hétérogénéité chaque fois recontextualisée des fonctions que l’objet ou l’édifice aura à réaliser et à optimiser sous diverses contraintes, dans ses différentes parties.
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Chapitre d'ouvrage
Marie-Ange Brayer, Frédéric Migayrou. Naturalizing Architecture, HYX editions, 2013, 978-2910385828. 〈http://www.amazon.com/Archilab-2013-Naturalizing-Architecture-Various/dp/2910385825〉
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Contributeur : Franck Varenne <>
Soumis le : mardi 2 décembre 2014 - 09:49:24
Dernière modification le : jeudi 11 janvier 2018 - 06:25:32
Document(s) archivé(s) le : samedi 15 avril 2017 - 01:14:54

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Varenne The Nature of computat...
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Franck Varenne. The Nature of Computational Things: Models and Simulations in Design and Architecture. Marie-Ange Brayer, Frédéric Migayrou. Naturalizing Architecture, HYX editions, 2013, 978-2910385828. 〈http://www.amazon.com/Archilab-2013-Naturalizing-Architecture-Various/dp/2910385825〉. 〈hal-01089648〉

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