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Traces de l'héroïsme. Le programme mémoriel de la résistance parisienne

Résumé : La Libération est sans doute l'événement ponctuel qui a généré le plus de traces physiques dans Paris, des traces qui ont de plus été sanctuarisées dès le moment de leur création, dans un processus de patrimonialisation immédiate. Ce processus se manifeste par la réalisation d'un programme ambitieux d'hommages publics pensé et mis en oeuvre par la Résistance parisienne, au pouvoir au sein des institutions provisoires, au gouvernement, mais également en tant que formations politiques organisées. Toutefois, cet épisode de cristallisation de la Libération trouve ses racines dans la période clandestine. Une partie importante du martyrologe de la Résistance, est créé sous l'Occupation et Paris, en plus d'être la ville de l'insurrection, est présentée comme la capitale de la Résistance et la ville des 75 000 fusillés 1. Les hommages publics sont le reflet de cette histoire et la période insurrectionnelle ajoute une strate sans forcément effacer ce qui précède 2. Cet article dresse quelques pistes quant à la mise en place de ce programme, avant de s'intéresser à une de ces manifestations les plus visibles : les plaques commémoratives apposées dans l'espace public parisien. La Résistance clandestine et ses morts, premiers discrets hommages publics L'hommage aux « patriotes fusillés » est le principal travail mémoriel de la Résistance clandestine. La politique des otages, mise en place par l'occupant après les premières exécutions de soldats par des groupes de résistants armés (issus des Jeunesses Communistes essentiellement) à l'été 1941, a provoqué l'émoi de la population, entretenu par la Résistance qui s'est faite l'écho de ces exactions dans la presse clandestine et par la radio de Londres, contribuant à l'émergence de figures de martyrs. Les principales sont, et ce jusqu'à la fin de l'occupation, mais avec parfois des variantes régionales, Gabriel Péri, rédacteur en Chef de l'Humanité, fusillé le 15 décembre 1941 (en tant qu'otage) et Honoré d'Estienne d'Orves, agent de la France Libre, fusillé le 29 août 1941 (condamné à mort en mai pour espionnage, mais fusillé comme otage). Ces deux figures, mais également celle de Guy Môquet, et plus généralement les otages fusillés à Châteaubriant et Nantes le 22 octobre 1941, sont rapidement présentés comme des martyrs et célébrés comme tels. Toutefois, pour la Résistance, clandestine par essence, la pratique de l'hommage public pose problème, l'espace public étant interdit. La Résistance utilise trois modalités d'expression pour répondre à cette apparente contradiction. La presse clandestine, surtout la presse clandestine 1 MRN/7/Association des Familles de fusillés, 1945 2 Le retour des déportés et la découverte de l'univers concentrationnaire marque plus clairement une rupture, même si le terme générique, et donc abusif, de « fusillés » demeure pour un temps celui employé pour toutes les victimes résistantes.
Document type :
Preprints, Working Papers, ...
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https://hal.inria.fr/hal-01715006
Contributor : Charles Riondet <>
Submitted on : Thursday, February 22, 2018 - 11:15:40 AM
Last modification on : Tuesday, May 5, 2020 - 11:50:18 AM
Long-term archiving on: : Wednesday, May 23, 2018 - 12:36:05 PM

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RiondetTracesHéroïsme.pdf
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  • HAL Id : hal-01715006, version 1

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Charles Riondet. Traces de l'héroïsme. Le programme mémoriel de la résistance parisienne. 2018. ⟨hal-01715006⟩

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