L’usage des registres de représentations sémiotiques dans la construction des énoncés de problèmes mathématiques à l’école primaire au Maroc.

Résumé : Selon le rapport analytique du conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS, 2014), les acquis des élèves dans l’arabe et le français sont loin d’atteindre le niveau préconisé en lecture et en écriture. Plus précisément, en arabe, c’est en expression et rédaction que les élèves éprouvent le plus de difficultés, alors qu’en français la production écrite reste le point faible des élèves marocains. En mathématiques, les résultats obtenus par les élèves sont alarmants selon une évaluation faite par le CSEFRS (mai 2009) auprès d’un échantillon de 6900 élèves du primaire et 6360 du collège. En fait, au primaire, seulement 40 % des objectifs assignés à l’enseignement des mathématiques par les programmes scolaires ont été atteints, alors qu’au collège ce taux n’a pas dépassé 27%. Dans cette études les chercheurs ont conclu que : Les élèves ont réalisé des performances relativement élevées au niveau des connaissances, tandis que les habiletés relatives à l’application et à la résolution des problèmes ont été moins bien réussies. Malgré l’accumulation des connaissances, les élèves éprouvent des difficultés à les appliquer et à les mobiliser dans des situations-problèmes. Il nous apparaît de l’ensemble de ces constatations qu’il puisse exister des liens entre les difficultés des élèves marocains dans la résolution des problèmes et leurs faibles performances en langue d’enseignement, à savoir l’arabe littéraire. En d’autre terme, il est fort probable que l’échec dans la résolution d’un problème soit dû, non pas à un manque d’outils mathématiques, mais plutôt à la non compréhension du texte énonçant le problème. Différents travaux ont traité les difficultés des élèves dans la résolution des problèmes. Stéphane Ehrlich (1990, p. 8) a constaté, dans des études faites auprès des élèves en fin de CE2, CM1 et 6ème , que ceux-ci ne sont pas capables de trouver les solutions correctes alors qu’ils ont acquis l’utilisation des notions d’addition, de soustraction, de multiplication et/ ou de division. Pour lui, les difficultés majeures, rencontrées par les élèves dans la résolution des problèmes sont d’une autre nature que celle strictement mathématique parce qu’elles concernent la lecture et la compréhension de l’énoncé, la sélection et l’organisation des informations pertinentes et la traduction de ces organisations en termes mathématiques. C’est-à-dire ces difficultés ne sont pas d’ordre logico-mathématique mais elles sont "essentiellement d’ordre sémantique". Aussi Raymond Duval (1993, p. 64) a remarqué qu’il est impossible de négliger ou d’écarter la langue naturelle dans l’enseignement des mathématiques, mais il l’a considérée comme un registre parmi d’autres. Pour lui, « les objets mathématiques ne sont pas directement accessibles à la perception, il faut donc en donner des représentations ». Il a précisé les différentes fonctions que peuvent remplir les représentations sémiotiques dans la compréhension de l’énoncé du problème. En faisant référence à ces travaux, nous voulons savoir si le recours à des représentations auxiliaires dans les énoncés des problèmes mathématiques diminue les difficultés de compréhension posées par la langue naturelle de l’enseignement. Ainsi, dans cet article, nous tendons à répondre à la question centrale suivante : Dans quelle mesure la prise en compte des registres sémiotiques variés pour représenter des problèmes mathématiques favorise-t-elle la performance des élèves dans la résolution desdits problèmes ? Pour répondre à cette question, nous avons constitué un dossier regroupant 3 problèmes : un problème pour chacun des domaines suivants : activités numériques, activités géométriques, activités de mesures. Ce dossier est présenté à un échantillon de 250 élèves marocains de la 6ème année du primaire appartenant à 11 directions provinciales. Nous appliquons le logiciel SPAD pour le traitement de données. L’analyse des résultats obtenus nous a amené à conclure que le fait d’organiser les données d’un problème mathématique sous une variété de représentations sémiotiques puisse aider les élèves à réaliser des meilleures performances. En fait, ce choix leur permet de bien comprendre l’énonce et de surmonter les difficultés posées par la non maitrise de la langue d’enseignement ; ce qui leur permet de réussir fortement dans la résolution dudit problème.
Type de document :
Communication dans un congrès
Premières Journées Internationales de Didactique des Mathématiques JIDM1, Oct 2018, Oujda, Maroc. 〈https://sites.google.com/a/edu.umi.ac.ma/jidm01/〉
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Contributeur : Jean-Claude Regnier <>
Soumis le : jeudi 22 novembre 2018 - 09:31:55
Dernière modification le : vendredi 23 novembre 2018 - 01:20:53

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Brahim El-Mekaoui, Jean-Claude Regnier. L’usage des registres de représentations sémiotiques dans la construction des énoncés de problèmes mathématiques à l’école primaire au Maroc.. Premières Journées Internationales de Didactique des Mathématiques JIDM1, Oct 2018, Oujda, Maroc. 〈https://sites.google.com/a/edu.umi.ac.ma/jidm01/〉. 〈hal-01930504〉

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