La « résilience pour la sécurité alimentaire » au Burkina Faso : entre dires, labellisation et (re-)positionnements d'acteurs

Résumé : Cette communication ambitionne d’interroger, à partir de cas multi-situés et multi-échelles au Burkina Faso (le national à Ouagadougou, le local dans la Région de la Boucle du Mouhoun), la manière dont se déploie cette apparente transition. L’objectif fondamental est bien de confronter les différentes dimensions théoriques et empiriques de la résilience alimentaire à différentes échelles d’analyse et d’action. Une première difficulté consiste à préciser les termes de la résilience, tels qu’ils sont définis localement ou depuis l’extérieur, par rapport à ceux qui les précèdent (adaptabilité, réactivité, sécurisation, capacités). Le deuxième enjeu consistera à analyser la manière dont ils se déploient et dont ils sont réappropriés par les différents types d’acteurs impliqués, oscillant entre adhésion, accommodement et résignation. Enfin, nous nous efforcerons de restituer les dimensions apparentes et implicites de la résilience alimentaire dans les projets déployés. Au final, la résilience alimentaire – problématique dans sa délimitation, dans sa mise en oeuvre et dans son évaluation – sera étudiée selon trois aspects : l’échelle humaine (individu, ménage, société), l’échelle temporelle (court, moyen, long terme), et l’échelle spatiale (du local au global). Cette communication repose sur des recherches menées dans le cadre du projet collectif « Sécurisation alimentaire : objets, acteurs et trajectoires d’innovation » mené au Burkina Faso (Université Paris 1 et le Groupe Nutriset). Des enquêtes de terrain ont été réalisées en novembre 2014, en février et septembre-octobre 2015 à Ouagadougou et dans la région de la Boucle du Mouhoun, auprès d’un large panel d’acteurs intervenant dans le champ de la sécurité alimentaire et nutritionnelle : bailleurs de fonds, institutions de développement, organisations de solidarité internationale, organisations paysannes, services de l’Etat. Le renversement paradigmatique relatif, exprimé et révélé par la résilience, est attesté par les emprunts multiples aux documents technocratiques internationaux. Pour autant, son adoption et sa traduction posent de nombreuses questions. Ainsi, même si des recherches appliquées la mettent progressivement en équation (pour mieux la mesurer et la normaliser), son contenu comme ses limites restent souvent changeants, selon les auteurs, les lieux et les périodes. Les entretiens de terrain semblent aussi confirmer le caractère « faussement » novateur de la résilience : nouveau terme consensuel pour « habiller » des pratiques de long cours ? De même, les décalages entre objectifs annoncés, référentiels mobilisés et programmes effectivement mis en oeuvre sont patents. Dès lors, est-il pertinent de promouvoir la résilience sans un travail préalable de contextualisation? Entre injonctions martelées, effets d’annonce et postures de légitimation, quelle place est réellement accordée à la résilience sur le terrain ?
Type de document :
Communication dans un congrès
Catastrophes, vulnérabilités et résiliences dans les pays en développement, Jun 2016, Lille, France. 2016
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Contributeur : Pierre Janin <>
Soumis le : vendredi 19 mai 2017 - 18:03:34
Dernière modification le : samedi 20 mai 2017 - 01:06:58
Document(s) archivé(s) le : lundi 21 août 2017 - 00:34:16

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Pierre Janin, Alexis Roy. La « résilience pour la sécurité alimentaire » au Burkina Faso : entre dires, labellisation et (re-)positionnements d'acteurs. Catastrophes, vulnérabilités et résiliences dans les pays en développement, Jun 2016, Lille, France. 2016. 〈ird-01525287〉

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